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Grossesse & post-partum

Bas de contention pendant la grossesse : quand les porter, quelle classe choisir et comment être remboursée ?

Pierre Clément 8 min de lecture
Bas de contention grossesse : bas de compression, ordonnance et boîte de pharmacie

Pendant la grossesse, les jambes lourdes, les chevilles gonflées ou les varices ne sont pas de simples gênes. Le retour veineux ralentit, le volume sanguin augmente et la pression dans le bassin peut freiner la circulation. Les bas de contention grossesse aident à soutenir ce retour veineux, à améliorer le confort au quotidien et à limiter certains risques veineux, notamment la phlébite ou la thrombose veineuse profonde.

Le bon choix ne consiste pas seulement à acheter une paire. Il faut choisir la forme adaptée, la classe de compression, le bon moment de port et vérifier les conditions de remboursement, souvent liées à une prescription médicale.

Pourquoi la contention est souvent recommandée pendant la grossesse

La grossesse modifie profondément la circulation sanguine. Les hormones favorisent le relâchement des parois veineuses, l’utérus qui grossit peut comprimer certains axes veineux, notamment dans le bassin, et la rétention d’eau augmente. Le sang remonte alors moins facilement des jambes vers le cœur.

Bas de contention grossesse : comparaison des chaussettes, bas et collants selon la zone couverte et l’usage pendant la grossesse
Bas de contention grossesse : comparaison des chaussettes, bas et collants selon la zone couverte et l’usage pendant la grossesse

Les bas, chaussettes ou collants de contention exercent une compression dégressive : la pression est plus forte à la cheville, puis diminue progressivement en remontant la jambe. Ce mécanisme aide les veines à faire circuler le sang dans le bon sens. Il peut soulager les jambes lourdes, limiter les œdèmes, freiner l’aggravation de varices existantes et participer à la prévention des complications veineuses.

La HAS recommande le port d’une compression durant toute la grossesse, en particulier lorsqu’il existe des symptômes ou un terrain à risque. Certaines situations demandent une vigilance renforcée : antécédent de phlébite, varices importantes, station debout prolongée, immobilisation, surpoids, grossesse multiple ou césarienne programmée. Le risque thromboembolique augmente pendant cette période, et il est parfois évoqué à hauteur de 1 grossesse sur 1000.

Ce que les bas de contention ne remplacent pas

La contention n’est pas un traitement universel ni un substitut à un avis médical. Une douleur brutale dans un mollet, une jambe très gonflée d’un seul côté, une rougeur, un essoufflement inhabituel ou une douleur thoracique doivent conduire à consulter rapidement. Les bas de contention restent utiles en prévention et en accompagnement, mais le choix de la compression doit rester cohérent avec la situation médicale.

Chaussettes, bas ou collants : choisir selon le confort et le quotidien

Le terme “bas de contention” sert souvent à désigner tous les dispositifs de compression des jambes. En pratique, il existe trois formes principales : chaussettes, bas et collants. Le bon modèle dépend de la morphologie, de la localisation des symptômes, du stade de grossesse et de la tolérance au port.

Bas de contention grossesse : calendrier de port pendant la grossesse, classes de compression et repères de remboursement
Bas de contention grossesse : calendrier de port pendant la grossesse, classes de compression et repères de remboursement
Modèle Zone couverte Intérêt pendant la grossesse Point de vigilance
Chaussettes de contention Du pied jusqu’au-dessous du genou Faciles à enfiler, pratiques au quotidien, adaptées aux jambes lourdes localisées Ne couvrent pas la cuisse
Bas de contention Du pied jusqu’en haut de la cuisse Bonne couverture si varices ou inconfort au-dessus du genou La bande autofixante doit rester confortable
Collants de contention Des pieds jusqu’à la taille Maintien homogène, modèles maternité avec empiècement extensible Peuvent être moins agréables en fin de grossesse ou par forte chaleur

Les 4 classes de compression à connaître

Il existe 4 niveaux de compression, de la classe 1 à la classe 4. La classe 1 correspond à une compression légère, souvent utilisée en prévention ou pour des symptômes modérés. La classe 2 est fréquemment prescrite pendant la grossesse lorsque les jambes lourdes, les varices ou les œdèmes sont plus marqués. Les classes 3 et 4 exercent une compression plus forte et concernent des situations médicales spécifiques, à évaluer avec un professionnel de santé.

Il ne faut pas choisir une classe uniquement parce qu’elle serre davantage. Une compression trop forte, mal adaptée ou mal ajustée peut devenir inconfortable et décourager le port quotidien. À l’inverse, une compression trop faible peut être insuffisante si les troubles veineux sont déjà installés.

La prise de mesure compte autant que le modèle

Un bas de contention efficace est un dispositif médical ajusté. Les mesures se prennent idéalement le matin, avant que les jambes ne gonflent : tour de cheville, tour de mollet, parfois tour de cuisse et hauteur de jambe selon le modèle. En pharmacie ou dans un magasin spécialisé, ces mesures permettent de choisir une taille cohérente avec la morphologie, plutôt qu’une taille de vêtement approximative.

Le confort dépend beaucoup de ce point. Si la taille est mal choisie, le bas glisse ou serre trop. S’il glisse, on le remonte sans cesse. S’il serre, on le porte moins longtemps. Et s’il n’est porté qu’occasionnellement, l’effet préventif diminue. La bonne mesure conditionne donc l’efficacité, l’observance et l’envie de le remettre le lendemain.

Quand les porter, et jusqu’à quand après l’accouchement

Dans la plupart des cas, les bas de contention se portent le jour, en les enfilant le matin avant le lever prolongé, lorsque les jambes sont encore peu gonflées. Ils sont retirés le soir, sauf indication médicale particulière. Le port est particulièrement utile lors des journées debout, des longs trajets, des périodes de chaleur ou lorsque les chevilles gonflent rapidement.

La contention peut être proposée dès le début de la grossesse si vous avez des symptômes ou des facteurs de risque. Elle peut aussi être prescrite plus tard, par exemple lorsque les jambes lourdes apparaissent au deuxième ou au troisième trimestre. L’important est de ne pas attendre que l’inconfort devienne important pour en parler à votre médecin ou à votre sage-femme.

Après l’accouchement, la vigilance continue

Le post-partum reste une période sensible pour la circulation veineuse. Selon les recommandations couramment utilisées, le port peut être prolongé 6 semaines après un accouchement par voie naturelle et jusqu’à 6 mois après une césarienne, selon le profil de risque et l’avis médical. La césarienne, l’immobilisation et la récupération physique peuvent augmenter l’intérêt d’une compression prolongée.

Si vous allaitez, si vous reprenez rapidement une activité debout ou si vous avez déjà eu des varices pendant la grossesse, il est utile de refaire le point lors de la consultation postnatale. La contention peut être ajustée, renouvelée ou arrêtée selon l’évolution des symptômes.

Ordonnance, prix et remboursement : ce qu’il faut vérifier avant l’achat

Pour être remboursés, les bas de contention doivent généralement être prescrits. L’ordonnance peut être établie par un médecin ou une sage-femme. Elle précise le type de dispositif et souvent la classe de compression. Sans prescription, l’achat reste possible, mais il ne donne pas droit à la prise en charge de l’Assurance maladie.

Les tarifs conventionnels servent de base au remboursement. Ils ne correspondent pas toujours au prix réellement payé, car certains modèles, matières ou finitions peuvent coûter plus cher.

Dispositif Tarif conventionnel Remboursement CPAM à 60 %
Chaussettes de contention 22,40 € 13,44 €
Bas de contention 29,78 € 17,87 €
Collants de contention 42,03 € 25,22 €

À partir du 1er jour du 6e mois de grossesse, la prise en charge peut atteindre 100 % dans le cadre de l’assurance maternité, sur la base de remboursement prévue. Cela ne signifie pas toujours que le prix payé sera intégralement remboursé si le modèle choisi dépasse le tarif conventionnel. La mutuelle peut compléter selon le contrat : certaines garanties couvrent 100 % de la base de remboursement, d’autres 150 % ou 200 %, ce qui réduit davantage le reste à charge.

Combien de paires peuvent être remboursées ?

La prise en charge concerne généralement 4 paires remboursées par an. Dans certains cas justifiés médicalement, ce nombre peut aller jusqu’à 8 paires maximum. Pour éviter les mauvaises surprises, gardez l’ordonnance originale, la facture, la feuille de soins si nécessaire, votre carte Vitale et votre carte de mutuelle. En pharmacie, le tiers payant peut parfois éviter l’avance de frais sur la part prise en charge. Le délai de remboursement est souvent d’environ 5 jours, variable selon la transmission et l’organisme complémentaire.

Bien les porter au quotidien sans renoncer au confort

Le meilleur bas de contention est celui que vous arrivez réellement à porter. Enfilez-le le matin, sur peau sèche, sans tirer brutalement sur la maille. Retourner partiellement le bas jusqu’au talon, placer correctement le pied puis dérouler progressivement la matière évite les plis douloureux. Si l’enfilage devient difficile en fin de grossesse, un enfile-bas ou l’aide d’un proche peut faire une vraie différence.

Prévoyez au moins deux paires si le port est quotidien : cela permet d’en laver une pendant que l’autre sèche. Respectez les consignes d’entretien du fabricant, car une maille détendue perd en efficacité. Évitez aussi les crèmes très grasses juste avant l’enfilage, qui peuvent abîmer les fibres ou compliquer la mise en place.

Enfin, signalez tout inconfort persistant : marque profonde, douleur, glissement, sensation de garrot, démangeaisons importantes. Un simple changement de taille, de forme ou de matière peut transformer l’expérience. Pendant la grossesse, la contention doit rester une aide discrète et régulière, pas une contrainte supplémentaire.

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